Les marchés obligataires enregistrent une hausse marquée des rendements souverains dans plusieurs grandes économies. Aux États-Unis, au Japon et au Royaume-Uni, les investisseurs vendent des obligations d’État dans un contexte marqué par les anticipations d’inflation et les perspectives de politique monétaire plus restrictive.
Cette évolution entraîne une augmentation des coûts de financement des États sur plusieurs échéances.Aux États-Unis, le rendement des bons du Trésor à deux ans a atteint 4,07 %, soit son niveau le plus élevé depuis mars 2025. Le taux des obligations américaines à dix ans s’est établi à 4,55 %, après une progression de sept points de base. Les mouvements observés sur les marchés américains interviennent alors que les investisseurs réévaluent les perspectives de taux de la Réserve fédérale américaine.
Selon Michael Barr, gouverneur de la Réserve fédérale des États-Unis, « l’inflation est le risque prédominant pour l’économie ». Les marchés surveillent également l’arrivée de Kevin Warsh à la tête de la banque centrale américaine après sa confirmation par le Sénat. Kevin Warsh succède à Jerome Powell à la présidence de la Federal Reserve.
Subadra Rajappa, responsable de la recherche chez Société Générale Amériques, a déclaré à Bloomberg Television : « Les rendements obligataires donnent vraiment l’impression de devenir incontrôlables ». Elle ajoute : « Le marché ne teste pas seulement la Fed, il met également le Congrès en garde. Plus les taux d’intérêt restent élevés, plus les coûts de financement augmentent ».
Hausse des rendements obligataires et anticipations sur les banques centrales
La progression des rendements s’inscrit dans un contexte de hausse des prix de l’énergie et de tensions géopolitiques liées au conflit entre les États-Unis et l’Iran. La progression du Brent alimente les anticipations d’inflation sur plusieurs marchés financiers.
Les investisseurs anticipent également des politiques monétaires moins accommodantes dans plusieurs économies. Aux États-Unis, les opérateurs de marché envisagent des taux directeurs élevés pendant une période prolongée. Au Japon, les spéculations portent sur un possible resserrement de la politique monétaire de la Banque du Japon après une accélération des prix à la production, au rythme le plus rapide depuis 2014.
Prashant Newnaha, stratège principal en taux pour la région Asie-Pacifique chez TD Securities à Singapour, a déclaré : « La hausse des rendements obligataires mondiaux est un peu inquiétante ».
Le Japon et le Royaume-Uni confrontés à des tensions sur leurs marchés obligataires
Au Japon, les rendements des obligations souveraines atteignent des niveaux inédits sur certaines maturités. Le rendement des obligations japonaises à 30 ans a atteint 4 %, un niveau jamais observé depuis la création de cette échéance en 1999. Les obligations à 20 ans ont atteint leur plus haut niveau depuis 1996, tandis que les titres à 40 ans enregistrent leur niveau le plus élevé depuis leur lancement en 2007.


Rinto Maruyama, stratège principal en devises et taux chez SMBC Nikko Securities Inc., indique : « Au Japon, où les taux d’intérêt sont proches de zéro depuis longtemps, le fait que le rendement des obligations à 30 ans ait atteint 4% est historique ». Au Royaume-Uni, les marchés obligataires réagissent également aux incertitudes politiques. Les rendements des gilts à 10 ans ont atteint 5,17 %, soit leur niveau le plus élevé depuis 2008. Les investisseurs surveillent les débats politiques autour du gouvernement de Keir Starmer et les perspectives de dépenses publiques.
Les marchés britanniques ont également ajusté leurs anticipations concernant la Banque d’Angleterre. Les opérateurs envisagent désormais des hausses de taux après avoir anticipé auparavant des réductions des taux directeurs. Des réponses plus intelligentes, le chargement de fichiers et d’images, et bien plus encore.