
Selon les chiffres publiés par l’Insee ce jeudi 30 octobre, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,5 % entre juillet et septembre, une performance meilleure qu’attendu. L’institut tablait initialement sur une hausse de 0,3 %. Cette progression laisse espérer une croissance annuelle supérieure aux 0,7 % prévus par le gouvernement.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a salué une « performance remarquable », rappelant que cette progression s’inscrit dans un contexte d’instabilité politique et de tensions internationales. Selon lui, « les entreprises investissent, exportent et font progresser le pays », et l’adoption rapide du budget 2026 sera cruciale pour maintenir cet élan.
Avec un acquis de croissance de 0,8 % à la fin septembre, la France fait mieux que l’Allemagne, dont l’économie n’a progressé que de 0,1 %, et rivalise presque avec l’Espagne (+0,6 %).
L’aéronautique en plein essor, la consommation toujours à la traîne
Cette performance est notamment tirée par le rebond du secteur aéronautique. Après plusieurs années marquées par les difficultés d’approvisionnement, Airbus a augmenté son rythme de production et de livraisons cet été. Selon l’économiste Stéphane Colliac (BNP Paribas), cette dynamique pourrait à elle seule ajouter jusqu’à 0,4 point de croissance annuelle. Les dépenses de défense, également en hausse, participent à cette reprise.
Dans le même temps, la consommation des ménages reste atone. Si les dépenses en énergie et en biens manufacturés repartent légèrement, la consommation alimentaire continue de reculer. L’économiste Maxime Darmet (Allianz Trade) estime que la demande intérieure demeure « le maillon faible » de la croissance : malgré une hausse des salaires réels et un taux d’épargne élevé, la confiance des ménages reste fragile.
Toujours selon l’Insee, les investissements, eux, progressent modestement (+0,4 %), portés par les entreprises (+0,9 %), tandis que le logement reste en difficulté (-0,4 %). La baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne commence toutefois à stimuler la reprise du crédit.
Une performance fragile face aux incertitudes politiques
Malgré cette progression, la croissance française reste vulnérable. Les débats houleux autour du budget 2026, dans une Assemblée nationale sans majorité, risquent de freiner la dynamique. La France a déjà vu sa note souveraine abaissée par S&P et Fitch, tandis que Moody’s l’a placée sous perspective négative.
Pour l’heure, l’économie tricolore fait mieux que ses voisins européens, mais le quatrième trimestre s’annonce plus incertain. Entre instabilité politique, tensions commerciales et finances publiques sous pression, la solidité du rebond reste à confirmer.