
Face à la multiplication des vagues de chaleur extrême, l’Espagne s’apprête à encadrer plus strictement le travail en extérieur dans les bars et restaurants. Une nouvelle réforme du secteur de l’hôtellerie-restauration prévoit la possibilité de fermer les terrasses lors des épisodes de canicule les plus intenses.
La mesure s’inscrit dans une mise à jour du cadre national du travail signé entre syndicats et organisations patronales du secteur. Elle prévoit que les établissements doivent adapter ou suspendre leur activité en terrasse lorsque l’agence météorologique espagnole AEMET déclenche une alerte orange ou rouge, rapporte Euronews.
Dans ces situations, les restaurants, cafés et bars devront réduire le service en extérieur ou fermer totalement leurs terrasses s’ils ne disposent pas de protections suffisantes comme de l’ombre ou des systèmes de refroidissement.
Cette obligation vise avant tout la protection des salariés, particulièrement exposés pendant les heures les plus chaudes. En Espagne, les températures estivales dépassent régulièrement les 40 °C dans plusieurs régions du sud, avec des pics pouvant atteindre environ 45 °C lors des épisodes les plus extrêmes.
Les autorités espanoles considèrent désormais ces conditions comme un risque professionnel à part entière. Le texte impose ainsi aux employeurs d’intégrer les épisodes de chaleur dans leur organisation du travail, avec des ajustements d’horaires, des pauses plus fréquentes et des mesures d’hydratation renforcées.
Un impact direct sur le tourisme et l’économie des terrasses
La réforme pourrait modifier les habitudes dans un pays où la terrasse est un élément central de la vie sociale et touristique. Chaque été, des millions de visiteurs fréquentent les bars et restaurants en extérieur, notamment dans les grandes villes et les zones littorales.
En 2025, l’Espagne a accueilli plus de 11 millions de touristes internationaux sur le seul mois d’août, selon les données de l’Institut national de la statistique, illustrant le poids du secteur dans l’économie nationale.
Avec ces nouvelles règles, les établissements devront parfois basculer leur activité en intérieur pendant les heures critiques de la journée, ce qui pourrait réduire leur capacité d’accueil et modifier les pics de fréquentation estivale.
Le dispositif prévoit toutefois une logique progressive. La fermeture des terrasses doit rester une mesure de dernier recours, appliquée uniquement lorsque les conditions deviennent dangereuses pour les travailleurs. Les établissements qui ne respectent pas ces obligations s’exposent à des sanctions pouvant dépasser 50 000 euros dans les cas les plus graves.
Dans le même temps, le gouvernement encourage la création d’« abris climatiques », des espaces publics climatisés destinés à accueillir la population pendant les épisodes de chaleur extrême.