
Les fraudes à l’Urssaf sont de plus en plus courantes. Une opération judiciaire menée le 5 mai 2026 dans le Val-d’Oise a conduit à l’interpellation de trois personnes soupçonnées d’avoir participé à un système de travail dissimulé au sein d’une entreprise du bâtiment. L’enquête est pilotée par la Cellule de lutte contre le travail illégal et la fraude (Celtif) de la gendarmerie du Val-d’Oise.
Les investigations ont débuté après un contrôle réalisé à l’échelle nationale. Les vérifications effectuées par l’Urssaf sur l’activité de cette société de BTP ont mis en évidence un écart entre le chiffre d’affaires déclaré et le nombre de salariés officiellement employés.
Selon les éléments recueillis par les enquêteurs, l’entreprise aurait enregistré près de 4 millions d’euros de chiffre d’affaires entre octobre 2020 et septembre 2024, alors qu’elle ne déclarait en moyenne que trois salariés par mois. Ces éléments ont conduit les autorités à suspecter des faits de travail dissimulé.
Le procureur de la République de Bobigny a confié l’enquête aux gendarmes de la Celtif du Val-d’Oise. Au cours des investigations, les enquêteurs ont évalué le préjudice estimé pour l’Urssaf à environ 2 millions d’euros.
Les recherches menées dans ce dossier ont également porté sur l’organisation de la société. D’après les enquêteurs, le dirigeant officiellement enregistré aurait exercé le rôle de prête-nom. Un autre homme est présenté comme le dirigeant présumé de fait de l’entreprise. Un membre de sa famille est également soupçonné d’avoir participé au blanchiment d’une partie des fonds issus de cette fraude présumée.
Des biens immobiliers, des véhicules et des espèces saisis dans le cadre de l’enquete sur la fraude à l’Urssaf
Lors des perquisitions et interpellations réalisées le 5 mai, les gendarmes ont procédé à plusieurs saisies patrimoniales et financières. Trois biens immobiliers, dont la valeur est estimée à 900 000 euros, ont été placés sous saisie judiciaire. Les enquêteurs ont également retrouvé deux véhicules de marque Mercedes, évalués à plus de 60 000 euros au total. Un lingot d’or d’un kilogramme a aussi été découvert au domicile des suspects.
Les opérations ont permis la saisie de plus de 160 000 euros en espèces ainsi que de bijoux estimés à 70 000 euros. Selon les informations communiquées dans le cadre de l’enquête, environ 25 000 euros présents sur des comptes bancaires ont également été saisis. L’ensemble des biens et avoirs saisis représente près de 1,4 million d’euros. Ces mesures visent à garantir un éventuel recouvrement financier dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.
À l’issue de sa garde à vue, le gérant présenté par les enquêteurs comme un dirigeant de façade a été déféré le 6 mai 2026 en vue d’un placement sous contrôle judiciaire. Une audience doit se tenir ultérieurement. Les deux autres personnes mises en cause ont également été convoquées devant le tribunal afin de répondre des faits reprochés. Cette enquête révèle ainsi une fraude d’une grande ampleur à l’Urssaf.