Le marché locatif privé en France continue d’afficher une progression des loyers, bien que modérée. Selon les données publiées par Clameur au 28 avril 2026, les loyers des appartements ont atteint une moyenne de 14,21 euros par mètre carré hors charges à la fin de 2025, soit une augmentation de 2,10 % par rapport à l’année précédente.
Les loyers des maisons ont connu une évolution similaire, avec une hausse de 2,13 %, atteignant 10,75 euros par mètre carré. Cette hausse reste contenue mais marque une légère accélération par rapport à l’année précédente, où l’augmentation des tarifs de location était plus faible. En moyenne, les tarifs des studios sont les plus élevés, à 18,28 €/m², suivis par les deux-pièces à 14,50 €/m² et les trois-pièces et plus à 12,22 €/m².
Sur une période de 11 ans, les locations ont augmenté de 14,5 %, ce qui est inférieur à l’inflation (+19,83 %) et aux revenus disponibles bruts (+36,04 %). Cette donnée montre que, bien que les loyers augmentent, leur poids relatif dans le budget des ménages n’a pas connu une explosion comparable à celle des prix immobiliers ou des revenus.
Une durée de bail plus longue et des écarts territoriaux importants
Les locataires restent désormais plus longtemps dans leur logement. La durée médiane des baux pour les appartements a atteint 963 jours, soit environ deux ans et huit mois. Cette tendance à la baisse de la mobilité peut s’expliquer par plusieurs facteurs : la difficulté à trouver un nouveau logement, l’augmentation des taux d’intérêt qui freine l’accession à la propriété et une certaine prudence des ménages dans un contexte économique incertain. Cela entraîne une libération moins fréquente des logements disponibles, accentuant la pression sur le marché locatif.
Les grandes villes comme Paris demeurent les plus chères, avec un loyer médian de 29,83 €/m² pour les appartements. Suivent les Hauts-de-Seine à 23,57 €/m². À l’inverse, certaines régions restent beaucoup plus abordables, comme la Haute-Saône (8,52 €/m²) et les Ardennes (8,63 €/m²), qui affichent des loyers bien en dessous de la moyenne nationale.


Dans certaines régions, les loyers connaissent des hausses notables, comme dans la Nièvre, la Manche ou le Territoire de Belfort. À l’inverse, d’autres départements, tels que l’Ain ou le Cher, constatent des baisses de loyers. Ces écarts soulignent l’importance des dynamiques locales dans l’évolution des loyers.
Les loyers restent dynamiques dans les centres villes
Le phénomène de mobilité réduite se reflète également dans les tendances observées entre les centres-villes et les périphéries. Dans certaines grandes agglomérations comme Marseille, Orléans ou Strasbourg, les loyers restent dynamiques dans les centres. Cependant, dans des villes comme Toulon, Lyon, Tours ou Nantes, la périphérie connaît une hausse plus importante. Cela peut être attribué à des choix de vie influencés par la recherche de plus grandes surfaces, le télétravail ou les arbitrages budgétaires.
Ainsi, le marché locatif privé en France présente une évolution contrastée. Les loyers augmentent à un rythme modéré mais restent soumis à des dynamiques locales importantes. Les ménages doivent naviguer dans un marché de plus en plus tendu, avec des loyers qui progressent mais des variations marquées d’une région à l’autre.