La croissance de l’économie mondiale recule. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié ce mercredi son dernier rapport trimestriel sur l’économie mondiale.
L’institution indique que le conflit au Moyen-Orient aura des effets persistants sur l’activité économique, même si une issue négociée était trouvée. L’OCDE souligne que la hausse des prix de l’énergie et des engrais, ainsi que les perturbations des chaînes d’approvisionnement, limiteront la croissance dans plusieurs régions.
Les économies dépendantes des importations énergétiques du Moyen-Orient sont particulièrement touchées. Selon l’organisation, la confiance des entreprises diminue et des pénuries apparaissent dans certains secteurs. Ces tensions se répercutent sur les marchés mondiaux, affectant le commerce international et les investissements.
Une croissance française limitée à 0,7% en 2026
Pour l’Hexagone, la prévision de croissance est désormais de 0,7% pour 2026, soit une baisse de 0,1 point par rapport à l’estimation précédente. La croissance prévue pour 2027 est de 0,8%, en recul de 0,2 point.
L’OCDE indique que « les effets économiques de ce conflit se feront probablement sentir pendant un certain temps, même après sa fin, compte tenu des mois qui seront nécessaires pour restaurer les infrastructures endommagées et les voies de transport et pour acheminer les produits dans le monde entier ». L’organisation précise que les difficultés d’approvisionnement et la hausse de l’inflation affectent le pouvoir d’achat des ménages et la production des entreprises.
Les pays asiatiques, les économies en développement et ceux du Golfe sont parmi les plus touchés. L’OCDE ajoute que « l’impact se fera sentir partout, en raison des interconnexions dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et de l’intégration des marchés mondiaux de l’énergie ».
Perspectives mondiales : scénarios contrastés selon la durée du conflit
Au niveau mondial, l’OCDE a révisé sa prévision de croissance pour 2026 à 2,8% dans l’hypothèse de perturbations limitées dans le temps, contre 2,9% initialement. Dans ce scénario, les prix de l’énergie diminueraient progressivement à partir de mi-2026, l’inflation refluerait et la croissance mondiale atteindrait 3,1% en 2027.
Si le conflit se prolonge jusqu’à une grande partie de 2027, la croissance mondiale tomberait à 2,1% en 2026 et à 1,8% en 2027. L’OCDE précise que cette situation entraînerait une hausse des prix de l’énergie et de l’inflation, des pénuries d’approvisionnement et une tension sur les budgets publics. L’organisation note également que ces perturbations pourraient affecter certains secteurs technologiques, en particulier « les coûts d’exploitation des centres de données et l’offre de matériel critique utilisé dans les systèmes d’IA ».
Stefano Scarpetta, chef économiste de l’OCDE, indique que la perspective d’un accord de paix semblait plus probable lors de la finalisation du rapport fin mai, malgré l’absence de résultats concrets après des semaines de négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran. Pour la zone euro, la croissance de l’Allemagne est également révisée à 0,7% en 2026. La croissance américaine resterait proche de 2%, tandis que la Chine pourrait atteindre 4,5%.


L’OCDE recommande que les mesures de soutien aux ménages et aux entreprises soient ciblées et limitées dans le temps pour contenir le coût budgétaire. L’organisation ajoute que « des mesures de relance supplémentaires » pourraient être nécessaires si les perturbations se prolongent, et que les banques centrales doivent rester attentives et ajuster la politique monétaire « si l’on observe des signes de généralisation des tensions sur les prix (…) ou des signes de modération importante de la croissance ».