
Le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, Philippe Juvin, a présenté une série de propositions visant à augmenter le salaire net des salariés en France. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche le 26 avril, il indique vouloir « rendre service » au candidat qui représentera la droite lors de l’élection présidentielle de 2027 en réduisant l’écart entre le salaire brut et le salaire perçu.
Selon une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), organisation internationale d’analyse économique, un employeur dépensant 100 euros pour un salarié en France lui verse en moyenne 52,80 euros après prélèvements. Ce niveau place la France parmi les pays où la taxation du travail est la plus élevée au sein de l’OCDE.
Pour modifier cette situation, Philippe Juvin propose de restituer 106 milliards d’euros aux salariés. Cette somme passerait notamment par la suppression de plusieurs cotisations salariales, dont celles liées à la santé, à la retraite et à l’assurance chômage. En revanche, la contribution sociale généralisée (CSG), la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) ainsi que les cotisations patronales seraient conservées.
Financement envisagé et effets attendus sur les salaires selon le rapporteur du budget
Afin de compenser la baisse des recettes liée à la suppression des cotisations salariales, Philippe Juvin avance plusieurs pistes de financement. Il propose une augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de trois points ainsi qu’une hausse d’un point de la CSG. Selon lui, ces mesures pourraient générer 40 milliards d’euros de recettes supplémentaires pour l’État.
Le projet inclut également la suppression de la prime d’activité. Philippe Juvin la qualifie de « une trappe à bas salaires » et estime qu’elle deviendrait « moins nécessaire puisqu’on augmente le salaire direct ». Cette suppression représenterait environ 10 milliards d’euros d’économies. Le reste du financement, évalué à 56 milliards d’euros, reposerait sur des effets indirects. Philippe Juvin anticipe une augmentation de la consommation liée à la hausse du pouvoir d’achat, ce qui générerait des recettes fiscales supplémentaires. Il évoque aussi la création de 450.000 emplois sur une période de cinq ans.
Les perceptions des Français sur la rémunération du travail sont également mentionnées. D’après un sondage réalisé par l’institut Elabe pour BFMTV, 77 % des personnes interrogées estiment que le travail ne permet pas de gagner suffisamment, dont 54 % « pas vraiment » et 23 % « pas du tout ». À l’inverse, 23 % considèrent que le travail permet encore de couvrir les besoins financiers.
Concernant la compréhension des revenus, 46 % des Français évaluent correctement l’écart entre salaire brut et salaire net. Les autres répondants se répartissent entre 20 % qui le surestiment, 17 % qui le sous-estiment et 17 % qui déclarent ne pas savoir l’estimer. Ces propositions s’inscrivent dans le cadre des réflexions sur la fiscalité du travail et le niveau de revenu des salariés en France.