Le gouvernement prévoit de regrouper plusieurs prestations sociales en un versement unique à l’horizon 2030, dans le cadre d’un projet de loi sur l’allocation de solidarité unifiée. Cette mesure concerne la prime d’activité, le revenu de solidarité active (RSA) et les aides personnelles au logement (APL), actuellement versées par la Caisse d’allocations familiales (CAF), organisme chargé de la gestion des prestations familiales et sociales.
Ce projet, issu d’une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, président de la République, a été présenté à la fin de l’année 2025 par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Il doit être examiné en Conseil des ministres au cours du mois. L’objectif affiché est de simplifier les dispositifs existants et de limiter le non-recours aux droits sociaux.
Selon des estimations de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), service statistique public dépendant du ministère chargé des affaires sociales, la réforme de l’allocation de solidarité unifiée entraînerait des évolutions contrastées pour les bénéficiaires. Environ 3,8 millions de personnes parmi les plus modestes percevraient une hausse de leurs aides, estimée à environ 100 euros par mois.
Allocation de solidarité unifiée , des effets différenciés selon les niveaux de revenus
Dans le même temps, près de 4 millions de bénéficiaires verraient leurs prestations diminuer avec l’allocation de solidarité unifiée. Ces ajustements visent à compenser les augmentations accordées aux foyers les plus précaires. Les montants varient selon les ressources des ménages. Les foyers disposant de moins de 830 euros mensuels enregistreraient une baisse moyenne de 40 euros par mois. Pour ceux dont les revenus atteignent jusqu’à 1 275 euros, la diminution pourrait s’approcher de 80 euros mensuels. Les ménages percevant jusqu’à 1 800 euros par mois pourraient voir leurs aides réduites d’environ 100 euros mensuels.


Les personnes concernées incluent différents profils, tels que des personnes seules, des couples avec ou sans enfants ou encore des familles monoparentales. Les propriétaires figurent parmi les catégories susceptibles d’être affectées par ces diminutions, en particulier lorsque leurs revenus se situent entre un et 1,4 fois le salaire minimum. Plusieurs organisations ont exprimé des réserves concernant cette réforme.
Les syndicats Force ouvrière (FO) et Confédération générale du travail (CGT), ainsi que l’Union sociale pour l’habitat, organisme représentant les acteurs du logement social, ont fait part de leurs préoccupations. Ils évoquent une réforme menée « dans un contexte de restriction budgétaire » qui pourrait impacter « les plus précaires et les plus éloignés de l’emploi », empêchant ces près de 4 millions de ménages à retrouver le chemin de l’emploi, pourtant principal objectif de ce projet de loi. Les données présentées reposent sur des simulations et peuvent évoluer avant l’entrée en vigueur prévue en 2030.