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    les salaires ont enfin rattrapé les prix… mais la guerre en Iran fait craindre une nouvelle crise

    Jean-Philippe MarconBy Jean-Philippe Marcon08/03/2026

    Le spectre d’une nouvelle crise inflationniste refait surface. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ravivent les inquiétudes sur les marchés de l’énergie. Si les prix venaient à repartir fortement à la hausse, l’économie mondiale pourrait être de nouveau secouée. Une perspective d’autant plus préoccupante que les ménages viennent à peine de se remettre de la précédente flambée des prix.

    La guerre en Iran et les tensions croissantes au Moyen-Orient alimentent les craintes d’une nouvelle hausse des prix de l’énergie. Plusieurs acteurs du secteur énergétique mettent en garde contre les conséquences possibles d’un conflit prolongé dans la région. Selon le ministre qatari de l’Énergie, Saad al-Kaabi, si la guerre devait durer plusieurs semaines, certains pays producteurs pourraient suspendre leur production. Une telle situation ferait rapidement grimper le prix du pétrole sur les marchés internationaux.

    Le baril pourrait alors atteindre 150 dollars en quelques semaines, un niveau susceptible de provoquer un choc économique mondial. Une hausse du pétrole se répercute en effet rapidement sur de nombreux secteurs : carburants, transport maritime, production industrielle ou encore agriculture. Les perturbations du commerce mondial pourraient également accentuer la pression sur les prix, notamment si les routes maritimes du golfe Persique étaient affectées.

    Sommaire

    Toggle
    • Les carburants déjà en hausse
    • Cinq ans pour rattraper les pertes de pouvoir d’achat
    • Une inflation moins forte qu’ailleurs en Europe

    Les carburants déjà en hausse

    Les premiers effets de ces tensions se font déjà sentir. Dans plusieurs pays, les prix des carburants repartent à la hausse. En France, le prix du gazole avoisine déjà 1,90 euro le litre. Dans le même temps, les chaînes d’approvisionnement pourraient être fragilisées. Le blocage des exportations d’engrais dans le détroit d’Ormuz ou les détours imposés aux navires autour de l’Afrique pourraient renchérir les coûts de transport et de production.

    Ces différents facteurs réunissent les ingrédients d’une nouvelle poussée inflationniste similaire à celle observée en 2022, lorsque la guerre en Ukraine avait provoqué une flambée des prix de l’énergie.

    Cinq ans pour rattraper les pertes de pouvoir d’achat

    Cette perspective inquiète d’autant plus que les ménages viennent seulement de retrouver leur niveau de pouvoir d’achat d’avant la crise inflationniste. Selon une étude publiée par la Dares, le service statistique du ministère du Travail, le salaire mensuel de base a augmenté de 14,1 % entre mars 2021 et décembre 2025. Sur la même période, les prix à la consommation ont progressé de 14,2 %, rapporte BFM.

    Autrement dit, il a fallu près de cinq ans pour que les salaires rattrapent presque entièrement les pertes de pouvoir d’achat subies lors de la flambée inflationniste liée à la pandémie de Covid-19 et à la guerre en Ukraine. Cette situation s’explique notamment par le fonctionnement du marché du travail. Contrairement aux prix, qui peuvent évoluer rapidement, les salaires augmentent généralement avec retard, lors des négociations annuelles obligatoires dans les entreprises.

    INFOGRAPHIES. Encore une nouvelle crise inflationniste avec la guerre en Iran? Il a fallu 5 longues années pour que les salaires rattrapent (quasiment) l’intégralité des pertes de pouvoir d’achat subies pendant la précédentehttps://t.co/pN5URUzOnW

    — BFM (@BFMTV) March 8, 2026

    Une inflation moins forte qu’ailleurs en Europe

    La France a toutefois mieux résisté que certains pays européens face à la hausse des prix. Les dispositifs publics mis en place pour limiter l’impact de l’inflation, comme les boucliers tarifaires sur l’énergie, ont permis de contenir la hausse des coûts. Cette politique a cependant eu un coût important pour les finances publiques. En revanche, elle a permis de limiter la progression du coût du travail, qui a augmenté de 15,3 % depuis 2019 en France, contre 24,3 % en moyenne dans l’Union européenne.

    Malgré le ralentissement récent de l’inflation, les ménages restent prudents. Le taux d’épargne demeure élevé, atteignant 17,9 % du revenu disponible fin 2025. Les incertitudes économiques, les tensions géopolitiques et la situation des finances publiques incitent encore de nombreux ménages à conserver une épargne de précaution. Si une nouvelle crise inflationniste devait se produire, l’expérience des dernières années montre qu’il pourrait falloir plusieurs années pour absorber ses effets sur le pouvoir d’achat.

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    Jean-Philippe Marcon

    Picard depuis mon enfance, à l’issue de mes études de journalisme j'ai décidé de communiquer autour du beau département de l'Aisne sur Axonais.

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