
Le groupe Stellantis engage une transformation majeure de son site historique de Poissy, dans les Yvelines, où la production automobile va s’arrêter progressivement après 2028. Cette décision marque un tournant industriel important pour l’un des derniers grands sites d’assemblage automobile en Île-de-France, même si l’usine ne fermera pas ses portes et sera reconvertie vers de nouvelles activités industrielles et logistiques.
Selon les informations communiquées par la direction et rapportées par la presse, l’usine de Poissy cessera d’assembler des véhicules à l’horizon 2028, à la fin des cycles de production des modèles actuellement fabriqués, notamment les DS3 et Opel Mokka. Cette évolution s’inscrit dans une stratégie plus large de réorganisation industrielle du groupe Stellantis en Europe, dans un contexte de transition vers l’électrification et d’optimisation des capacités de production.
Le site, qui employait encore environ 2 000 salariés récemment, devrait voir ses effectifs évoluer à la baisse pour atteindre environ 1 200 postes à l’horizon 2030, selon les projections internes. La direction assure toutefois qu’une partie significative des emplois sera maintenue, notamment autour de nouvelles activités industrielles. L’usine de Poissy, autrefois l’un des plus grands sites automobiles français, a déjà connu une forte réduction de ses capacités au fil des décennies, passant de plusieurs dizaines de milliers de véhicules produits par an à environ 90 000 unités récemment.
Cette transformation s’accompagne d’un plan d’investissement estimé à près de 100 millions d’euros, destiné notamment à moderniser les équipements industriels et à accompagner les salariés dans des dispositifs de reconversion professionnelle. L’objectif affiché est de préparer la fin de l’assemblage automobile sans fermeture brutale du site, en organisant une transition progressive vers d’autres activités.
Une reconversion industrielle vers les pièces et le recyclage
Après l’arrêt de l’assemblage, le site de Poissy doit se repositionner sur des activités industrielles complémentaires au reste du groupe Stellantis. L’usine continuera notamment à produire des pièces métalliques embouties, à réaliser des opérations de ferrage et de peinture de composants automobiles, destinés à d’autres sites du constructeur en France et en Europe. Des pièces de rechange pour l’après-vente devraient également être fabriquées sur place, renforçant l’intégration du site dans la chaîne logistique du groupe.
Une nouvelle activité de déconstruction de véhicules est également prévue, avec pour objectif de développer le recyclage et la valorisation des pièces réutilisables, dans une logique d’économie circulaire. Cette orientation s’inscrit dans les nouvelles stratégies industrielles du secteur automobile, de plus en plus tournées vers la réduction de l’empreinte environnementale et l’optimisation des ressources.
Parallèlement, la direction de Stellantis envisage de développer des activités d’aménagement de véhicules destinés à des usages professionnels, notamment pour les artisans et les grandes entreprises. Cette diversification doit permettre de maintenir une base industrielle sur le site tout en réduisant sa dépendance à l’assemblage automobile traditionnel.
Ce projet de transformation de Stellantis intervient dans un contexte déjà marqué par l’évolution du site vers des fonctions tertiaires, avec la création d’un campus d’entreprises et la réorganisation des espaces industriels. Malgré ces reconversions, l’annonce confirme une tendance plus large de désindustrialisation progressive de certains sites historiques en France, remplacés par des activités à plus forte valeur ajoutée mais avec des volumes d’emplois réduits.