La question de l’emploi est au centre des préoccupations des français. Les entreprises françaises prévoient environ 2,3 millions de recrutements en 2026, soit une baisse de 6,5 % par rapport à l’année précédente, d’après l’enquête « Besoins en main-d’œuvre » réalisée par France Travail.
Ce volume correspond à environ 2,27 millions de projets recensés, soit une diminution d’environ 158 000 embauches sur un an. L’étude, menée entre octobre et décembre 2025 auprès de plus de 1,7 million d’établissements, montre un ralentissement moins marqué que celui observé en 2025, où la baisse atteignait 12,5 %. France Travail indique que ce niveau « confirme la robustesse du marché du travail ».


Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail, a déclaré sur Franceinfo : « On est dans une période où la confiance et la visibilité dans l’avenir n’est pas toujours simple pour que les chefs d’entreprise puissent se projeter », tout en précisant qu’il s’agit « d’un niveau équivalent à 2018, qui était assez dynamique ».
La baisse des recrutements concerne la majorité des secteurs. Le numérique et les télécommunications enregistrent un recul de 25,2 %. La construction diminue de 16,4 % et les services aux entreprises de 10,1 %. L’industrie affiche une baisse plus limitée de 2,4 %. Le secteur de la santé se distingue avec 320 000 embauches prévues, en hausse de 0,8 %.
Des difficultés persistantes dans le secteur de l’emploi et évolution des contrats
L’enquête souligne que 44 % des entreprises anticipent des difficultés pour recruter. Le bâtiment et les travaux publics sont les plus concernés, avec 65 % des employeurs déclarant des recrutements compliqués. La santé (54 %), le numérique (49,5 %) et l’industrie (48 %) sont également touchés. Selon les recruteurs interrogés, ces difficultés s’expliquent par un manque de profils adaptés aux emplois proposés dans 84 % des cas et par un nombre insuffisant de candidatures dans 82 % des situations. Les conditions de travail sont évoquées par 39 % des répondants.
La structure des contrats évolue également. La part des embauches en contrat à durée indéterminée atteint 41 % en 2026, contre 43,8 % en 2025. Les contrats de courte durée progressent, notamment ceux de moins de six mois qui représentent 41,8 % des intentions de recrutement. Les embauches répondent à plusieurs besoins identifiés par France Travail. Environ 40,7 % des recrutements sont liés à un surcroît d’activité ponctuel, 25,8 % à des remplacements de départs définitifs et 22,2 % à des créations de postes.
Les petites et moyennes entreprises concentrent une large part des embauches, avec deux recrutements sur trois réalisés dans des structures de moins de 50 salariés. Certains métiers restent particulièrement recherchés, notamment dans la restauration, avec plus de 97 000 postes d’aides de cuisine et employés polyvalents, ainsi que près de 93 800 serveurs. Le secteur agricole prévoit aussi environ 83 800 emplois pour des postes de viticulteurs et arboriculteurs. France Travail annonce par ailleurs une mobilisation sur plusieurs filières afin d’accompagner les besoins en recrutement à travers des actions ciblées.