Les pensions de retraite complémentaire du régime Agirc-Arrco, qui concerne les salariés du secteur privé, n’ont pas été revalorisées en novembre 2025, contrairement au calendrier habituel. Cette absence d’augmentation résulte d’un désaccord entre les organisations syndicales et les représentants des employeurs.
Depuis ce blocage, les syndicats cherchent à relancer les discussions. Les cinq organisations représentatives des salariés, la Confédération générale du travail (CGT), Force ouvrière (FO), la Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres (CFE-CGC), la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) et la Confédération française démocratique du travail (CFDT), ont engagé plusieurs démarches pour obtenir une réouverture des négociations.
Une première initiative, lancée en janvier 2026 auprès des organisations patronales, dont le Mouvement des entreprises de France (Medef), la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et l’Union des entreprises de proximité (U2P), n’a pas abouti. Une nouvelle réunion a finalement été inscrite à l’agenda social et doit se tenir le 5 mai 2026.
Une demande de rattrapage après le gel de retraite en 2025
Les syndicats souhaitent obtenir une revalorisation intermédiaire avant l’automne 2026. Cette demande vise à compenser l’absence d’augmentation de retraite appliquée en novembre 2025. Selon leurs estimations, la revalorisation qui aurait dû être appliquée à cette date se situerait entre 0,2 % et 1 %.


Christelle Thieffinne, membre de la Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres (CFE-CGC), déclare : « Nous devons dresser un état des lieux, déterminer le niveau de revalorisation qui aurait dû être appliqué en novembre dernier et voir comment rétablir la situation ». Elle ajoute également : « Pour nous, la non-revalorisation de la retraite complémentaire en 2025 est un échec. C’est l’un des sujets prioritaires que nous devons traiter entre partenaires sociaux ».
Les représentants des salariés proposent de distinguer cette éventuelle revalorisation de rattrapage de celle prévue habituellement au 1er novembre. Régis Mezzasalma, représentant de la Confédération générale du travail (CGT), précise : « Nous voulons bien dissocier les deux revalorisations, celle de rattrapage et celle, traditionnelle, prévue au 1er novembre. Pour nous, le rattrapage doit se situer entre 0,6% et 1% ».
L’objectif des discussions est également d’éviter un nouveau blocage lors de la prochaine échéance annuelle. Les syndicats évoquent le contexte économique et les conditions financières du régime pour appuyer leur demande. Selon Christelle Thieffinne, les comptes de l’Agirc-Arrco restent favorables.
À ce stade, les organisations patronales n’ont pas communiqué publiquement leur position sur une éventuelle revalorisation anticipée. En cas d’absence d’accord lors de la réunion prévue début mai, d’autres discussions pourraient être organisées au cours de l’année 2026, notamment après la mi-juillet.