
Le gouvernement allemand a annoncé une réduction temporaire d’une taxe sur les carburants afin de répondre à la hausse des prix liée aux tensions au Moyen-Orient. Cette mesure concerne le diesel et l’essence et s’appliquera pendant deux mois.
Le chancelier Friedrich Merz a précisé que la baisse de la taxe énergétique atteindra environ 17 centimes par litre. Cette décision intervient à l’issue de discussions entre les partis composant la coalition gouvernementale, réunissant conservateurs et sociaux-démocrates. Cette réduction porte sur l’une des trois taxes appliquées aux produits pétroliers en Allemagne. Elle vise à limiter les effets de la hausse des prix pour les automobilistes et les entreprises. Le coût total de ces mesures est estimé à environ 1,6 milliard d’euros pour les finances publiques, selon le gouvernement allemand.
En complément, Friedrich Merz a indiqué que les employeurs pourraient verser une prime de compensation de 1 000 euros à leurs salariés. Cette prime bénéficierait d’une exonération fiscale pour les entreprises qui choisissent de la mettre en place. Le gouvernement allemand a également écarté la mise en place d’un impôt sur les surprofits pétroliers, option qui avait été envisagée pour financer ces mesures. Le chancelier a indiqué privilégier « des mesures en vertu du droit de la concurrence et du droit fiscal ».
La France ne veut pas toucher à la taxe sur les carburants
Plusieurs États européens ont adopté des mesures comparables pour limiter les effets de la hausse des prix des carburants. En Italie, le gouvernement a prolongé la réduction des droits d’accise, avec une baisse de 25 centimes par litre. En Espagne, un plan de 5 milliards d’euros inclut une réduction de la taxe sur la valeur ajoutée et une remise pouvant atteindre 30 centimes par litre. D’autres pays, comme le Portugal et la Suède, ont également mis en place des dispositifs de réduction des prix. La Hongrie et la Croatie ont opté pour un plafonnement des tarifs à la pompe.
En France, la stratégie adoptée diffère. Le gouvernement ne prévoit pas de baisse générale des taxes sur les carburants. Sur France 2, David Amiel, ministre des Comptes publics, a indiqué qu’un « renforcement des aides » pourrait être envisagé si la situation liée au conflit au Moyen-Orient et à l’évolution des prix « durent des mois ». Le ministre a précisé que ces mesures reposeraient sur « des principes clairs : ciblage et financement ». Les dispositifs existants sont destinés à certains secteurs d’activité et financés par des ajustements budgétaires.
Selon les éléments communiqués, la hausse des recettes fiscales liée aux carburants, estimée à 270 millions d’euros, est compensée par les dépenses engagées pour les mesures de soutien et par l’évolution des taux d’intérêt de la dette publique. Ces différentes approches illustrent des choix distincts en matière de politique fiscale et de soutien face à l’évolution des prix de l’énergie en Europe.