Selon l’étude de la DREES, en 2020, 12,4 % des personnes étaient en situation de pauvreté l’année précédant leur départ à la retraite. Ce taux diminue ensuite à 8,3 % la première année de retraite, soit une réduction de 4,1 points.
Ce phénomène est observé sur plusieurs années, de 2012 à 2020, confirmant une tendance générale de diminution du taux de pauvreté après la retraite. L’étude montre qu’en moyenne, le passage à cette phase entraîne une nette diminution du taux de pauvreté. En effet, l’analyse des trajectoires individuelles révèle une baisse de la pauvreté parmi les retraités dès la première année après le départ à la retraite.
La retraite constitue un facteur de protection contre la pauvreté
Si avant le départ, 12,4 % des personnes étaient sous le seuil de pauvreté, ce taux descend à 8,3 % dès la première année. Cette tendance est constante de 2012 à 2020, ce qui prouve que la retraite constitue un facteur de protection contre la pauvreté. Les chercheurs ont adopté une méthode d’analyse croisée, combinant les données individuelles et celles des ménages, afin de mieux comprendre les effets de la retraite sur le niveau de vie.
Cette baisse du taux de pauvreté est attribuée à la redistribution financière opérée par le système de retraite. Bien que les revenus d’activité diminuent, le système de retraite, avec les pensions et autres aides sociales, permet de maintenir le niveau de vie des retraités. Ce phénomène est observé dans toutes les catégories de nouveaux retraités, quel que soit leur parcours professionnel, mais l’impact est particulièrement marqué pour ceux ayant des situations précaires avant leur départ à la retraite.
Un impact positif particulièrement visible chez les chômeurs
L’étude indique que les personnes sans emploi avant leur retraite bénéficient le plus de cette diminution du taux de pauvreté. En effet, parmi les chômeurs avant leur départ à la retraite, 22,5 % vivaient sous le seuil de pauvreté. Après leur retraite, ce taux chute à 12 %, soit une baisse de plus de dix points. Ce phénomène peut être expliqué par le mode de calcul des pensions de retraite, qui se base sur les revenus d’activité passés et non sur les allocations perçues pendant la fin de carrière. De cette manière, les retraités issus du chômage bénéficient d’un « rattrapage » financier, qui améliore sensiblement leur niveau de vie.


Pour les personnes qui étaient encore en emploi avant leur départ à la retraite, la situation est plus contrastée. La pension de retraite est généralement inférieure au dernier salaire d’environ 25 % pour la moitié des retraités. Toutefois, l’impact global sur le niveau de vie est moins sévère lorsque l’on prend en compte l’ensemble des revenus du ménage, y compris les prestations sociales et les effets fiscaux. En effet, plus d’un tiers des retraités constatent une amélioration de leur niveau de vie après leur départ à la retraite, malgré la baisse des revenus issus de l’activité professionnelle.