
Warda Carles, mère de famille de 45 ans habitant dans le Tarn et amputée des quatre membres, a été verbalisée le 25 novembre 2025 à Toulouse (Haute-Garonne) pour stationnement sur une place réservée aux véhicules portant une carte de stationnement pour personnes handicapées.
La conductrice utilisait un véhicule adapté à son handicap et possédait une carte « mobilité inclusion » (CMI) délivrée par le département du Tarn. Cette carte ne portait pas la mention « stationnement pour personnes handicapées » et ne permettait donc pas l’accès gratuit aux emplacements réservés.
Après son retour d’un voyage de trois mois, Warda Carles a découvert que le montant initial de l’amende de 135 euros avait été majoré à 375 euros et prélevé directement sur ses comptes bancaires. Elle a contesté la contravention et contacté la gendarmerie d’Albi ainsi que les services municipaux de Toulouse. Elle a déclaré : « J’étais en panique, je ne savais pas quoi faire » et a ajouté : « Ma carte n’est pas trafiquée ». Malgré ces démarches, la somme a été retenue sur ses comptes.
Selon la mairie de Toulouse, seule la carte CMI portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » permet l’usage des places réservées et le stationnement gratuit. La municipalité précise que « il n’appartient pas aux agents d’apprécier la nature ou le bien-fondé d’un handicap lors de la verbalisation ». La mairie ajoute que Warda Carles n’aurait pas suivi les démarches précisées dans l’avis de contravention pour régulariser sa situation.
Problèmes liés aux contrôles automatisés du stationnement réservé aux handicapés
Les contrôles de stationnement automatisés posent régulièrement des difficultés pour les personnes handicapées. Les systèmes de lecture automatisée des plaques d’immatriculation (LAPI) ne sont pas capables de détecter la présence physique d’une carte CMI-S posée derrière le pare-brise. Ces dispositifs peuvent donc générer des contraventions même lorsque le véhicule est correctement équipé et autorisé à se garer sur des places réservées.
Warda Carles, amputée suite à une infection mal prise en charge en 2015, conserve une autonomie grâce à l’usage de prothèses et d’un véhicule adapté. Le 25 novembre 2025, elle s’est garée dans le quartier de Saint-Cyprien avec sa carte CMI visible. Le procès-verbal reçu mentionnait un « stationnement très gênant sur un emplacement réservé aux véhicules portant une carte de stationnement pour personnes handicapées ».
Les recours déposés hors délai compliquent la contestation. Warda Carles a multiplié les démarches et appels pour tenter d’obtenir le remboursement de l’amende prélevée. La situation illustre les difficultés rencontrées par certaines personnes handicapées pour faire valoir leurs droits face aux dispositifs automatiques et aux exigences administratives.
Le cas de Warda Carles met en lumière les limites de l’application des règles de stationnement pour handicapés lorsque la carte CMI n’indique pas explicitement le droit à stationner sur ces emplacements. Il souligne aussi les contraintes des systèmes automatisés et la nécessité pour les conducteurs concernés de suivre les démarches administratives pour éviter la majoration des amendes.