
Un porte‑conteneurs appartenant au groupe français de transport maritime CMA CGM a réussi à traverser, jeudi 2 avril, le détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique du golfe Persique, selon des données de suivi maritime analysées par l’AFP et publiées par plusieurs médias. D’après ces données, le Kribi a franchi le détroit en affichant via son système de navigation avoir un « propriétaire français », signe de sa nationalité effective malgré son pavillon maltais au moment du transit.
Le porte‑conteneurs, parti des eaux au large de Dubaï, a navigué d’ouest en est entre les îles iraniennes de Qeshm et de Larak pour rejoindre la mer d’Arabie. Cette traversée marque le premier passage connu d’un navire lié à un pays d’Europe occidentale depuis le déclenchement de la guerre en Iran fin février, période qui a fortement réduit le trafic maritime dans cette voie essentielle au commerce mondial.
Selon les données de suivi, le Kribi se trouvait vendredi matin au large de Mascate (Oman), toujours avec le message « owner France » affiché à la place d’une destination officielle. Cette indication est utilisée par les équipages pour signaler la nationalité ou l’affiliation de leur armateur dans une zone de tensions, ce qui peut influencer la perception de leur statut par les autorités régionales.
Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, est un couloir maritime essentiel par lequel transitait, avant la guerre, une part importante du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. Avant le début du conflit, environ un cinquième des exportations mondiales d’hydrocarbures passaient par ce passage étroit. Depuis fin février, en raison des combats et de la perte de couverture d’assurance pour de nombreux navires, le trafic commercial normal y est presque paralysé, et très peu de bateaux ont réussi à franchir la zone.
Un contexte de tensions internationales et de réouverture progressive du détroit d’Ormuz
La traversée du Kribi intervient dans un contexte où plusieurs armateurs cherchent à reprendre partiellement les activités maritimes malgré les risques. Selon plusieurs sources, ce navire pourrait avoir coordonné ce passage avec les autorités maritimes iraniennes, ce qui suggère une concertation, ou au moins une acceptation tacite, de certaines traversées commerciales si certaines conditions sont remplies.
Cela fait suite à d’autres transits récents de navires liés à des pays non‑occidentaux, notamment chinois, qui ont également traversé le détroit en affichant des signaux spécifiques pour indiquer leur affiliation. Ces passages ont été interprétés par des experts du secteur maritime comme des stratégies visant à réduire les risques d’interception ou d’hostilités en mer.
L’évolution de ces traversées pourrait ouvrir la voie à une reprise progressive et prudente du trafic maritime, à condition que les corridors maritimes soient jugés sûrs par les armateurs et les autorités compétentes. La traversée du Kribi est ainsi perçue comme une étape clé qui pourrait encourager d’autres compagnies à étudier des options similaires si la situation dans le golfe Persique continue d’évoluer vers une certaine stabilité.
Cependant, malgré ce passage réussi, le trafic commercial du détroit d’Ormuz est encore loin de ses niveaux d’avant‑guerre, et les tensions géopolitiques demeurent fortes. Les autorités de plusieurs pays, y compris la France, continuent de surveiller de près la situation pour éviter toute escalade qui pourrait menacer davantage le commerce maritime international