
Bouygues Telecom, Orange et Free, via le groupe iliad, ont annoncé le 17 avril 2026 être entrés en négociations exclusives avec Altice France en vue de l’acquisition de SFR. Le montant de l’offre s’élève à 20,35 milliards d’euros. Cette opération pourrait modifier l’organisation du marché français des télécommunications.
Selon les éléments communiqués, les trois opérateurs ne prévoient pas de conserver SFR comme entité unique. Le projet repose sur une répartition des activités. Bouygues Telecom récupérerait notamment les activités destinées aux entreprises, considérées comme plus stables en termes de revenus. Les clients particuliers seraient répartis entre les trois groupes. Les infrastructures, les fréquences et les réseaux seraient également divisés entre les acquéreurs. Une exception concerne le réseau mobile situé dans les zones peu denses, qui serait attribué entièrement à Bouygues Telecom.
Une première tentative de rachat avait été formulée en octobre 2025 pour un montant de 17 milliards d’euros, sans aboutir. La nouvelle offre intègre une hausse de 3,35 milliards d’euros. La période d’exclusivité accordée par Altice France court jusqu’au 15 mai 2026. Au-delà, le projet devra être examiné par l’Autorité de la concurrence, avec une possible intervention de la Commission européenne.
Le projet du rachat de SFR, sous surveillance et des effets attendus pour le marché
SFR représente environ 25 millions de clients et a réalisé un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros en 2024. L’entreprise emploie près de 14 000 personnes en France. Le projet de cession intervient dans un contexte financier marqué par l’endettement d’Altice France, maison mère de l’opérateur. Le passage d’un marché composé de quatre opérateurs à trois acteurs pourrait modifier les conditions de concurrence. Une situation comparable a été observée en Autriche, où une opération similaire avait entraîné une hausse des tarifs pour certains abonnés.
Les trois groupes impliqués dans le projet indiquent que la concurrence sera maintenue et que les conditions tarifaires ne seront pas affectées pour les consommateurs. À ce stade, aucune évolution concrète des prix n’est annoncée. Sur le plan social, les organisations syndicales ont exprimé des inquiétudes concernant l’emploi. Des suppressions de postes sont envisagées dans le cadre de la réorganisation. Le communiqué des entreprises mentionne une « opération socialement responsable ».
Le processus d’examen réglementaire pourrait s’étendre sur une période longue. L’Autorité de la concurrence devrait analyser le dossier, avec une durée estimée à plus d’un an. Une saisine de la Commission européenne reste possible, ce qui prolongerait les délais. Selon le calendrier évoqué, la disparition de SFR en tant qu’opérateur distinct ne pourrait intervenir avant 2027. D’ici là, les autorités devront évaluer les conditions de l’opération et définir les éventuelles obligations imposées aux acquéreurs.