Le 30 août 2021, la limitation de vitesse dans certaines rues de la capitale a été abaissée à 30 km/h. Un changement dont de nombreux automobilistes parisiens n’ont visiblement pas connaissance, puisqu’à compter de cette date, le nombre de contraventions délivrées pour excès de vitesse sur les axes concernés a littéralement explosé.
Une limitation de vitesse qui crée la controverse depuis sa mise en vigueur
À l’été 2021, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a pris la décision d’abaisser la vitesse maximale dans les rues de Paris à 30 km/h contre 50 km/h précédemment. Une révision qui a été suivie de l’inscription en grand du chiffre “30” sur les chaussées des différentes rues.
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À l’époque, la décision avait été particulièrement bien accueillie par les cyclistes, notamment les propriétaires de vélo électrique dont la vitesse de pointe est limitée à 28 km/h. Ça n’a pas été le cas pour certains professionnels qui ont déposé un recours auprès du tribunal administratif de Paris.
Le 30 novembre 2022, celui-ci a statué en faveur de la mairie, parce que cette mesure “permet de limiter le risque de collision en divisant par deux la distance de freinage et en agrandissant le champ de vision des conducteurs de véhicules motorisés”, en plus de “diminuer drastiquement le risque d’accident grave, voire mortel pour un piéton”. En sécurisant la cohabitation entre les différents usagers de la voie publique, l’abaissement de la vitesse de circulation encourage les nouvelles mobilités, selon le tribunal administratif.
Des milliers de contraventions depuis l’abaissement de la limitation
Si sur le papier cette mesure a tout pour plaire, les données sur le nombre d’avis de contraventions délivrées depuis son entrée en vigueur ont de quoi alerter. Le média Caradisiac a réussi à obtenir, par décision de justice, les chiffres sur les véhicules flashés qui, jusque-là, ont été gardés secrets. Et nos confrères du Parisien les ont parfaitement résumé sur cette infographie.
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Ces données révèlent une explosion du nombre de contraventions à Paris sur 3 des 4 radars installés dans les zones limitées à 30 km/h depuis l’entrée en vigueur de la limitation de vitesse maximale.
C’est l’axe de l’avenue Daumesnil dans le 7e arrondissement de Paris qui a connu la plus grande hausse. De 3300 contraventions en 2019, elles ont connu un pic impressionnant de 73 019 en 2022, un an seulement après l’entrée en vigueur de la mesure, contre 49 404 en 2022 pour le quai Saint-Bernard dans le 5e arrondissement de Paris et 19 537 dans la rue de Maubeuge, dans le 4e arrondissement de Paris.
La municipalité veut-elle arnaquer les automobilistes ?
Ces données ont clairement de quoi donner le tournis. “Ah oui, c’est trop, ces chiffres font peur. Mais c’est vrai que la vitesse a baissé dans la rue depuis le passage à 30 km/h. Je pense que les non-Parisiens se font avoir, car ils peuvent enfin rouler ici après avoir été dans les embouteillages boulevard Magenta”, affirme Jean-Claude, le gérant d’un restaurant libanais situé dans la rue Daumesnil qui disait vouloir un second radar avant de prendre connaissance des chiffres.
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Pour le délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, Pierre Chasseray, : “c’est une arnaque sans nom. Pour ralentir les automobilistes dans les zones à 30 km/h, il y a d’autres dispositifs comme les chicanes ou ralentisseurs”, a-t-il tempêté. En dépit de toute cette controverse, François Louis, le président de l’association des usagers de “Dans ma rue” soutient l’initiative, estimant que “c’est en tout cas la preuve qu’on roule parfois au-delà de 30 à l’heure à Paris !”. Selon lui, la municipalité devrait installer plus de radars au préfet de police. Le 8 mars, la mairie a rendu public un décret pour une augmentation du nombre de radars par la préfecture de police de Paris.