Chez Stellantis, le lancement du nouveau Peugeot e-3008 constituait l’axe central de la stratégie de dynamisation des ventes. Pourtant, l’opération fait face à de gros retards. En cause, un arrêt de l’assemblage occasionné par la défectuosité de plusieurs composants électroniques. Une nouvelle crise qui vient grossir celle liée au rappel des 240 000 véhicules et Citroën pour airbag défectueux.
Des problèmes de fiabilité qui s’enchaînent
Ces derniers mois n’ont pas dû être faciles pour les agents et concessionnaires des marques appartenant à Stellantis qui doivent gérer un flux massif de retour en atelier de véhicules et cela devrait continuer un bon moment.
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Il y a quelques jours, DS et Citroën, deux filiales du groupe sochalien, ont dû procéder à un important rappel de D3 et C3 produits entre 2009 et 2019. Cela représente à peu près 240 000 véhicules en circulation en France. En cause, un problème de défectuosité des airbags. Si un tel rappel n’a rien d’inédit, le phénomène est devenu très récurrent chez Stellantis.
Stellantis en perte de vitesse
Le groupe automobile n’en est pas à son premier coup d’essai. Ces dernières années, son actualité a été émaillée de scandales autour de la fiabilité de ses véhicules. Il peinait déjà à sortir du scandale lié à la défectuosité du moteur 1.2 PureTech dont la production s’est étalée d’avril 2014 à juin 2022.
En cause, un vieillissement précoce de la courroie de distribution qui a obligé Stellantis à prolonger la garantie à 175 000 km depuis le 19 mars 2024 ou à 10 ans. Aucun chiffre n’a été divulgué sur le nombre de véhicules concernés. Toutefois, ils peuvent être évalués en centaines de milliers à travers l’Europe, sachant qu’un recours collectif en réparation a déjà été engagé contre le groupe par près de 4 300 propriétaires.
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Stellantis a montré sa volonté de réagir promptement à la résolution du problème. Malheureusement, les crises à répétition ont réussi à entacher l’image de marque de ses différentes marques. L’impact sur les ventes de ses véhicules neufs et d’occasion est palpable et avec la réputation actuelle du moteur 1.2 PureTech, la revente en occasion est devenue un réel défi pour les propriétaires.
L’impact de la crise sur le nouveau Peugeot e-3008
Depuis qu’il a pris les rênes de Stellantis, Carlos Taraves a déployé ce qu’on a qualifié de “pricing power”. Il a fondé cette stratégie sur le prestige de l’image de marque de ses différentes filiales, mais pour être viable, elle aurait dû être consolidée par une diversification de la gamme de véhicules, l’introduction de technologies innovantes à forte valeur ajoutée ainsi qu’un bon service après-vente pour justifier les prix élevés et fidéliser les clients.
Malheureusement, à force de vouloir faire des économies, le groupe doit faire face à des problèmes de qualité auxquels le Peugeot e-3008 n’a pas échappé. Selon les informations fournies par les confrères d’Auto Infos, le nouveau SUV, qui était censé relancer la cote de la marque auprès des clients, a déjà de nombreux problèmes de défectuosité au niveau de ses composants électroniques achetés en Inde. Cela aurait entraîné plusieurs cas d’incendie, que le groupe n’a toujours pas confirmés, mais qui justifieraient que la production soit à l’arrêt, le temps de trouver un nouveau fournisseur.
Au printemps, le groupe avait déjà ordonné une mise à l’arrêt des Peugeot e-3008 de démonstration. Selon certains distributeurs, “un raté à l’allumage” en était la cause, même si une solution avait déjà été trouvée au problème. Les livraisons auraient donc repris. Toutefois, le flux reste encore très faible par rapport aux prévisions initiales. Pour les concessionnaires, le plus grand défi reste la relation client.