Les tensions entre Stellantis et ses fournisseurs aux États-Unis montent d’un cran. La décision du constructeur automobile de ne pas réajuster les coûts face à l’inflation engendre une série de conflits juridiques et l’arrêt des activités dans certaines de ses usines. Résultat, des retards de livraison sont déjà prévus et la fermeture probable d’autres usines ne va pas améliorer la situation.
Conflit ouvert avec les fournisseurs
Stellantis fait face à une série de défis majeurs avec ses fournisseurs, qui refusent d’expédier des pièces essentielles, en réaction à la politique du constructeur qui exclut toute prise en compte des surcoûts liés à l’inflation. Des fermetures temporaires d’usines ont déjà eu lieu et d’autres pourraient encore être concernées très prochainement.
À voir aussi
Et si le scandale du moteur 1.2 PureTech causait la perte de Stellantis ?
Le groupe, qui commercialise les marques telles que Jeep, Chrysler, Dodge, et Ram aux États-Unis, s’est fermement opposée à l’augmentation des prix des pièces demandée par ses fournisseurs. L’adoption d’une politique de « stop aux réclamations » (“no more claims”) un peu plus tôt dans l’année a sûrement exacerbé les tensions et précipité la réaction des fournisseurs.
Quelles conséquences suite à ces arrêts de production ?
Plusieurs de ces conflits ont fait l’objet de poursuites judiciaires, notamment devant le tribunal du comté d’Oakland. Dans un des dossiers, un juge a obligé un fournisseur de fixations à reprendre les livraison. Ce refus de livraison a néanmoins provoqué des interruptions dans les chaînes d’approvisionnement de Stellantis, notamment sur le complexe d’assemblage de Toledo, point névralgique pour la production des Jeep Gladiator, Wrangler et Wrangler 4xe.
Dans un autre dossier, un autre juge a débouté Stellantis qui souhaitait contraindre un de ses fabricants d’engrenages et de pignons à continuer les expéditions. Si ce fournisseur devait cesser les livraisons, c’est l’usine de Kokomo qui fabrique les transmissions des modèles Ram 1500, Wrangler, Grand Cherokee, Charger, Durango, Pacifica.
À voir aussi
Des Peugeot 208 rappelées pour un risque de fissure de l’essieu
La fusion entre Fiat Chrysler Automobiles et Peugeot S.A., finalisée en 2021, semble avoir intensifié ces tensions. Cette situation délicate met non seulement en jeu la stabilité financière de Stellantis, mais soulève également des inquiétudes sur la pérennité de l’emploi au sein des usines affectées, dans un contexte de campagne présidentielle américaine où l’industrie automobile reste un sujet brûlant.
Les avocats de Stellantis ont alerté sur les conséquences financières désastreuses que pourraient avoir ces conflits, évoquant des pertes de plusieurs dizaines, voire centaines, de millions de dollars. En face, les fournisseurs, fatigués des demandes incessantes sans ajustements de coûts, qualifient ces actions judiciaires de réactions disproportionnées face à des négociations commerciales courantes.