En 2023, le site industriel de Peugeot, filiale de Stellantis, situé à Sochaux a été victime d’un grave incendie. Les pertes du groupe automobile avaient été estimées à des dizaines de véhicules brûlés, à raison de plusieurs millions d’euros de dégâts. L’incident a donné lieu à une action en justice un an plus tard au tribunal de Montbéliard où un intérimaire de 22 ans est poursuivi pour avoir mis le feu au parking de stockage en cause.
3,6 millions d’euros de dégâts
Les faits se déroulent le week-end du 11 au 12 février 2023 à l’usine Peugeot de Sochaux qui s’étend le long de l’autoroute A 36. Un incendie embrase 40 voitures neuves, en l’occurrence des Peugeot 5008 et 3008 entièrement calcinés. À cela s’ajoutent 50 autres voitures partiellement atteintes ainsi que des équipements complètement ruinés, notamment des panneaux solaires photovoltaïques.
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On a estimé à 3,6 millions d’euros le préjudice subi par le groupe. Une perte énorme quand on sait que l’auteur du délit n’a pas réussi à expliquer son geste lors du procès qui s’est tenu au début de ce mois. Interrogé par la police, le jeune homme n’a reconnu qu’une partie des faits selon le bureau du procureur de Montbéliard. Les expertises diligentées à l’époque ont recherché d’éventuels complices, mais aucune piste n’avait permis d’établir qu’il avait été aidé.
Un geste encore inexpliqué
Les enquêtes menées les heures qui ont suivi l’incendie à l’usine de Peugeot ont mené à l’arrestation et au déferrement du jeune homme qui travaillait comme intérimaire au sein du groupe Stellantis. À l’époque, certains avaient pointé du doigt le fait que l’équipe de nuit ait été suspendue des semaines ayant précédé l’incident dans le cadre du programme de production du groupe. Cela aurait permis à l’inculpé de s’introduire sur le parc de stockage de nuit, muni d’un badge professionnel.
Il a commencé par détruire les bureaux administratifs du site, puis il s’est introduit à l’intérieur de plusieurs voitures stationnées sur le parc pour lacérer leurs sièges auto avant d’y mettre le feu à l’aide d’un briquet. Il a surtout pris le soin de laisser les portières ouvertes pour accélérer le feu. Après les faits, le jeune ouvrier a jeté son vélo par-dessus un grillage avant de s’évaporer dans la nature.
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30 mois de prison ferme
Mis à l’arrêt le lundi qui a suivi les faits, l’ouvrier a été présenté au le tribunal de Montbéliard ce mois. Lors de son procès, il n’a récité qu’un chapelet de “je ne sais pas” pour expliquer ce qui l’avait poussé à mettre feu à 3,6 millions de voitures et de matériels. Ni le public ni les dirigeants de Stellantis n’auront de réponses logiques à ce geste. L’autre question qui restera aussi sans réponse, c’est pourquoi le jeune homme s’est introduit sur le site de nuit ?
Totalement impassible et ne montrant aucune émotion, l’accusé n’a réussi qu’à expliquer : “j’avais bu. Et fumé du cannabis. Je ne sais pas.” Pour un salaire d’un peu plus de 1000 euros, le jeune homme serait soumis à beaucoup de pression dans son travail, mais cela aurait-il été suffisant pour le pousser à l’acte ?
À l’époque des faits, le procureur avait alors envisagé de le soumettre à une expertise psychiatrique. L’expert psychiatre a conclu à un caractère sociopathe et destructeur, mais aucune tendance à la pyromanie. Lors du procès, selon maître Valérie Chassard, l’avocate de la défense, “c’est une cocotte-minute qui explose”.
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Il était pourtant considéré comme un employé modèle par sa hiérarchie et ses collègues, ce qui rend son geste encore plus incompréhensible. Le juge l’a condamné à 30 mois de prison ferme, conformément aux réquisitions du procureur de la République.