L’usine Stellantis de Poissy, dernier site de production automobile en Île-de-France, vit des heures d’incertitude. Alors que les ventes du groupe stagnent et que plusieurs usines subissent du chômage partiel, une décision cruciale concernant l’avenir de ce site emblématique sera prise d’ici la mi-novembre.
Une production en déclin pour un site historique
L’usine de Poissy (Yvelines), qui fabrique notamment les SUV Opel Mokka et DS 3 Crossback, est le dernier bastion industriel automobile de la région parisienne. Avec 2 568 salariés, dont 2 000 opérateurs sur les chaînes de montage, ce site est en perte de vitesse depuis plusieurs années. En effet, il comptait près de 6 000 employés il y a seulement une décennie.
Ce déclin inquiète d’autant plus qu’une partie des salariés vit des périodes de chômage partiel, un phénomène qui touche également les usines de Douvrin (Pas-de-Calais) et Caen (Calvados). Lors du Mondial de l’Auto à Paris, Carlos Tavares, directeur général de Stellantis, a déclaré que « la décision concernant le site de Poissy sera prise fin 2025 », en fonction de la durée de vie des modèles produits actuellement.
Une annonce qui a jeté un froid dans les ateliers de l’usine, où l’incertitude quant à l’avenir industriel est palpable. Toutefois, selon Xavier Chéreau, directeur des ressources humaines, une visibilité à trois ans pour chaque site sera donnée dès mi-novembre.
Des employés entre crainte et espoir
Malgré les inquiétudes, la direction du groupe se veut rassurante. « Il ne faut pas paniquer concernant l’avenir de Poissy », affirme un porte-parole de Stellantis. Il rappelle que la production de l’Opel Mokka est assurée jusqu’en 2028 et que la fabrication de la DS 3 Crossback se poursuit pour le moment.
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De plus, le site accueille un « green campus », hébergeant des fonctions tertiaires, dont des salariés venus de Vélizy-Villacoublay. Pourtant, cette tentative d’apaisement ne dissipe pas complètement les craintes des salariés, d’autant que la grogne monte également en dehors des frontières françaises. En Italie, des milliers d’employés de Stellantis sont descendus dans les rues de Rome le 18 octobre pour dénoncer la baisse de production et le désengagement du constructeur dans le pays.
Quel avenir pour Poissy ?
Les syndicats restent vigilants. Selon Jean-Pierre Mercier, délégué syndical Sud, les signaux envoyés par la direction sont préoccupants : « Après le Mokka, il n’y a aucun projet, et l’usine se vide de ses CDI. » Son collègue de la CGT, Jonathan Dos Santos, dénonce un « climat de peur », avec un manque d’investissement dans les infrastructures et des propositions de reclassement vers d’autres métiers, comme des postes de livreurs dans d’autres sociétés.
Pour Philippe Diogo, délégué syndical central FO, aucune décision n’est encore prise. Cependant, il admet que des scénarios sont à l’étude, certains incluant la production automobile, d’autres non. « Nous nous battons pour maintenir l’outil industriel et l’emploi sur place, mais peut-être que l’avenir passera par d’autres métiers, comme ceux liés à l’économie circulaire ou aux services tertiaires. » En attendant la décision finale, les employés de Poissy continuent de produire des véhicules, mais l’avenir du dernier site automobile d’Île-de-France reste incertain.