
L’association de défense des consommateurs Foodwatch a publié mardi 19 mai 2026 les résultats d’une enquête portant sur 64 produits alimentaires importés commercialisés en France, en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas.
Les produits analysés comprennent du riz, des thés et des épices de marques nationales et de distributeurs. L’étude révèle que 49 de ces produits contiennent des résidus de pesticides, dont 27 substances interdites au niveau européen. Sur les 15 produits testés en France, 12 présentent des résidus interdits, notamment du paprika doux moulu de la marque Ducros et du riz Le Thaï Taureau Ailé.
Certains produits présentent jusqu’à 22 résidus différents, selon Foodwatch. Parmi les pesticides les plus fréquemment détectés figurent des insecticides comme le chlorfénapyr, la bifenthrine et le spirotétramat, des néonicotinoïdes tels que la clothianidine, le thiaméthoxame et l’imidaclopride, ainsi que le fongicide isoprothiolane. L’ONG souligne que ces substances ne sont pas autorisées dans l’Union européenne « du fait de leur dangerosité pour la santé et l’environnement » et alerte sur « l’effet cumulatif de ces cocktails toxiques dans un même produit ».
Recommandations de Foodwatch et cadre législatif européen
Foodwatch a appelé l’Union européenne à renforcer la réglementation sur les limites maximales de résidus (LMR) et à « mettre en place, de manière urgente, une limite maximale de résidu à zéro pour l’ensemble des pesticides non autorisés ». L’association dénonce le phénomène des « pesticides boomerang », où des substances interdites en Europe sont produites, exportées vers des pays tiers, puis réimportées dans l’Union via des aliments.
Karine Jacquemart, directrice générale de Foodwatch France, indique que ce retour de pesticides expose les agriculteurs à « une concurrence déloyale ». L’ONG critique le paquet législatif dit « Omnibus » proposé par la Commission européenne, qui prévoit une simplification des normes et la suppression de certains réexamens périodiques pour les substances autorisées. Foodwatch plaide pour un renforcement du cadre juridique, afin de garantir la sécurité alimentaire et de retirer les produits contenant des résidus dépassant les limites légales.
Selon l’ONG, l’UE autorise encore la production de certains pesticides interdits sur son territoire, ce qui permet leur importation indirecte. Foodwatch demande également que les seuils soient abaissés automatiquement dès qu’une substance n’est pas autorisée dans l’Union, afin de protéger les consommateurs et de réduire l’exposition aux résidus toxiques.
L’étude souligne que ces contaminations concernent des produits du quotidien, affectant directement la sécurité alimentaire et la santé publique, et nécessitent une surveillance accrue sur les importations et les pratiques agricoles des pays tiers.