Une part importante de salariés en France ne sollicitent pas les aides sociales auxquelles ils peuvent prétendre, en raison de procédures jugées complexes. D’après un sondage réalisé par Ipsos pour l’entreprise Klaro, spécialisée dans l’accès aux aides sociales, et relayé par TF1 Info , 55 % des salariés déclarent renoncer à ces dispositifs en raison de la lourdeur administrative.
Les démarches sont perçues comme longues et difficiles à gérer, ce qui conduit une partie des bénéficiaires potentiels à abandonner leurs demandes. Dans le même temps, la situation financière des salariés évolue défavorablement. Selon cette enquête, 40 % des personnes interrogées estiment que leur situation économique s’est dégradée sur une période d’un an. Cette évolution est liée notamment à une inflation persistante, en partie associée aux tensions internationales et à la hausse des prix de l’énergie.
Les dispositifs concernés incluent notamment les aides au logement, les aides au transport, la prime d’activité, les allocations familiales ou encore les aides liées au handicap. Malgré leur diversité, une part importante de salariés ne les perçoivent pas. L’étude indique que 45 % des actifs pensent ne pas être éligibles, alors que cette perception peut être inexacte. Par ailleurs, seuls 17 % des salariés déclarent recevoir l’ensemble des aides auxquelles ils peuvent prétendre.


L’absence d’aides sociales et leurs effets sur le travail
Les difficultés financières ont également des répercussions sur l’activité professionnelle. Selon l’étude Ipsos pour Klaro, 64 % de salariés déclarent penser à leur situation financière pendant leurs heures de travail. Cette préoccupation influence leur concentration et leur organisation quotidienne. Les auteurs de l’étude indiquent que cette situation représente « un coût humain et économique réel pour les entreprises ». L’enquête repose sur un échantillon de 1 000 salariés représentatifs de la population active française.
Les obstacles identifiés ne concernent pas uniquement l’information sur les aides sociales disponibles. Les démarches administratives sont également citées comme un frein. L’étude précise que « Le manque de temps, la multiplicité des interlocuteurs freinent l’accès aux droits et aggravent une précarité déjà présente ».
Face à ces constats, les salariés expriment des attentes vis-à-vis de leur employeur. Selon les résultats de l’enquête, 62 % des répondants considèrent qu’un accompagnement au bien-être financier par l’entreprise est important ou indispensable. Par ailleurs, 68 % estiment qu’une action sur le pouvoir d’achat améliorerait leur motivation au travail, et 63 % leur engagement professionnel. Ces éléments mettent en évidence un écart entre les aides existantes et leur utilisation effective par les salariés, dans un contexte marqué par des contraintes administratives et une situation économique perçue comme dégradée.