Les abonnés au tarif réglementé de vente de l’électricité devraient connaître une modification limitée de leur facture à compter du 1er août 2026. Selon les informations communiquées par Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), lors d’une intervention sur Franceinfo le 27 mai, seule une composante du tarif est concernée par une révision à cette échéance.
La facture d’électricité des particuliers repose sur trois éléments distincts. Le premier correspond au coût de l’énergie consommée. Le deuxième couvre les dépenses liées à l’acheminement de l’électricité jusqu’aux consommateurs à travers les réseaux de transport et de distribution. Le troisième regroupe les taxes appliquées à la consommation électrique.
Au 1er août, la modification annoncée concerne exclusivement la part réseau. Cette composante est intégrée au Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE), un mécanisme révisé chaque année. Son évolution tient notamment compte de l’inflation ainsi que des dépenses consacrées aux infrastructures électriques.
La composante liée au prix de l’énergie ne doit pas être modifiée avant février 2027. Son calcul repose sur une formule prenant en compte les prix observés sur les marchés de gros de l’électricité entre le 1er janvier 2025 et le 31 décembre 2026. Cette période de référence n’étant pas encore terminée, aucune estimation définitive ne peut être établie à ce stade.
Le mode de calcul de l’électricité est distinct de celui du gaz
Les tensions géopolitiques observées au Moyen-Orient et les perturbations affectant certaines routes énergétiques internationales alimentent les interrogations sur les conséquences pour les consommateurs français. Interrogée sur ce sujet, Emmanuelle Wargon a indiqué que le tarif réglementé de l’électricité dispose de mécanismes limitant les répercussions immédiates des variations des marchés.
Selon la présidente de la Commission de régulation de l’énergie, l’évolution des prix est calculée sur une période longue, ce qui réduit l’effet des fluctuations ponctuelles. Elle souligne également que la France dispose d’une production électrique importante reposant sur plusieurs sources, notamment le nucléaire, l’hydroélectricité, le solaire et l’éolien.
D’après les données citées par la responsable de la CRE, la France exporte environ 90 térawattheures d’électricité sur une production totale de 540 térawattheures. Elle a également évoqué la mise en service attendue de six réacteurs EPR d’ici 2038. Le tarif réglementé de vente de l’électricité, commercialisé au niveau national par EDF, avait enregistré une baisse de 15 % environ il y a dix-huit mois avant de connaître une phase de stabilité.
La situation du gaz présente des caractéristiques différentes. La France importe environ 97 % du gaz qu’elle consomme, ce qui rend les prix davantage dépendants des marchés internationaux. Selon les données présentées par la CRE, le prix repère du gaz avait progressé d’environ 15 % au 1er mai avant de reculer de 4,8 % TTC au 1er juin.


Concernant les prochains mois, Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l’énergie, a indiqué qu’il restait difficile d’anticiper l’évolution du prix du gaz à l’approche de la prochaine saison de chauffage. Pour l’électricité, la prochaine révision de la composante énergie du tarif réglementé interviendra en février 2027, une fois la période de calcul achevée.