
La députée de Paris Sophia Chikirou, membre de La France insoumise (LFI), doit comparaître ce mardi 12 mai devant la 13e chambre du tribunal judiciaire de Paris. Elle est poursuivie pour « tentative d’escroquerie » et « vol » dans une affaire remontant à l’année 2018, avant son entrée à l’Assemblée nationale.
Selon les éléments évoqués par BFMTV, les faits concernent la période durant laquelle Sophia Chikirou participait à la direction du Média, une webtélé présentée comme « humaniste, progressiste, écologique et féministe ». Le projet avait été lancé avec plusieurs associés, parmi lesquels Gérard Miller.
Quelques mois après la création du média, des tensions internes apparaissent autour du fonctionnement de la structure et de sa situation financière. Sophia Chikirou quitte finalement ses fonctions au sein de l’organisation.
Le dossier examiné par la justice porte notamment sur une demande de virement bancaire de 67.146,58 euros effectuée depuis le compte bancaire du Média vers celui de Mediascop, société dirigée par Sophia Chikirou. Selon l’intéressée, cette somme correspondait à des prestations de conseil facturées par son entreprise.
D’après l’accusation, Sophia Chikirou aurait d’abord transmis un courriel à la banque du Média afin de demander l’exécution du virement. L’opération n’aurait pas pu être réalisée en raison d’un manque de fonds sur le compte bancaire concerné.
Un déplacement à la banque et des chèques disparus
Le lendemain, Sophia Chikirou se rend dans une agence bancaire afin de renouveler sa demande. Selon les informations citées dans le dossier, le conseiller bancaire aurait refusé d’effectuer le transfert après avoir appris que Sophia Chikirou n’était plus représentante légale du Média.
Toujours selon les éléments retenus par l’accusation, Sophia Chikirou serait ensuite retournée dans les locaux du Média afin de récupérer ses affaires personnelles. Plusieurs semaines plus tard, la nouvelle direction de la structure constate la disparition de deux chèques. Ces chèques n’auraient jamais été encaissés. Sophia Chikirou est poursuivie pour leur vol présumé.
Le Média avait déposé plainte contre la députée afin de signaler les chèques manquants et de pouvoir faire opposition auprès de la banque. L’enquête judiciaire a ensuite été ouverte sur la base de cette plainte. Le dossier repose notamment sur les dispositions des articles 313-1 et 121-5 du Code pénal. La tentative d’escroquerie est sanctionnée de la même manière qu’une escroquerie lorsque les actes engagés ont été interrompus par des circonstances extérieures à la volonté de la personne poursuivie.
Un accord conclu entre la députée et ses adversaires
En 2021, après plusieurs années de tensions, la députée Sophia Chikirou et la direction du Média ont conclu un accord. Les deux parties ont retiré les plaintes qu’elles avaient déposées l’une contre l’autre. Cet accord comprenait également un volet financier portant sur les 67.000 euros à l’origine du différend. Malgré cet arrangement, le parquet de Paris a décidé de poursuivre la procédure judiciaire. Le ministère public considère que les faits reprochés relèvent du droit pénal et justifient un procès devant le tribunal judiciaire de Paris.
Aucune partie civile ne sera présente lors de l’audience prévue ce mardi. Sophia Chikirou encourt une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 375.000 euros d’amende. Le 4 janvier 2026, après l’annonce de son renvoi devant le tribunal, Sophia Chikirou avait réagi sur le réseau social X. La députée avait déclaré : « Le parquet de Paris décide de me faire un procès en pleine campagne municipale au sujet d’une histoire datant de 2018 qui relève d’un différend commercial entre deux sociétés. »
Elle ajoutait : « C’est donc un procès décidé par le ministère public pour une affaire où il n’y a aucun plaignant ni préjudice ! L’affaire est éminemment politique et n’a pour but que de salir et gêner ma campagne. » Son avocat, Me Dominique Tricaud, a confirmé à BFMTV que Sophia Chikirou serait présente à l’audience.