
Le contrôle technique automobile en Europe subira bientôt des modifications importantes, le Parlement européen étant actuellement en train de réexaminer les règlements en vigueur.
L’objectif est d’harmoniser les pratiques des différents États membres, notamment en ce qui concerne l’inspection des véhicules et des normes antipollution, qui varient actuellement d’un pays à l’autre. La réforme vise également à renforcer la sécurité des véhicules et à intégrer l’électronique automobile dans les contrôles réguliers indique le site spécialisé Auto Plus.
Les principales modifications concernent l’intégration de nouvelles technologies de sécurité dans les vérifications. Les inspecteurs de contrôle technique devront désormais examiner des systèmes d’aide à la conduite, comme le freinage d’urgence automatique, les capteurs de maintien dans la voie et les airbags. Ces dispositifs feront l’objet d’inspections régulières, dans un souci d’améliorer la sécurité des véhicules. Cependant, les inspections de ces systèmes seront complexes et pourraient ne pas être faciles à effectuer dans les centres de contrôle actuels, qui ne sont pas toujours équipés pour tester ces technologies.
Les nouvelles règles du contrôle technique sur les rappels de sécurité et la triche kilométrique
Une autre évolution importante concerne les rappels de sécurité. Si un constructeur automobile a émis un rappel pour un défaut de sécurité, et que le propriétaire du véhicule n’a pas suivi cette recommandation, le véhicule échouera au contrôle technique. Actuellement, ce système est déjà partiellement appliqué en France, mais il devrait être élargi à un plus grand nombre de rappels. Les gestionnaires de flottes de véhicules pourront aussi bénéficier de la possibilité de faire examiner leurs véhicules dans n’importe quel pays de l’Union européenne, avec un contrôle valable six mois, facilitant ainsi les opérations transfrontalières.
Une mesure visant à contrer la triche kilométrique a également été proposée. Les garagistes seront tenus de consigner le kilométrage exact des véhicules dans une base de données nationale lors de chaque intervention nécessitant plus d’une heure de main-d’œuvre. Cette mesure vise à créer un historique traçable du kilométrage des véhicules, ce qui pourrait aider à lutter contre les pratiques de fraude liées aux compteurs de kilomètres.
Les motos de plus de 125 cm³ seront également soumises à des contrôles plus stricts. Les inspecteurs devront vérifier tous les types de motos, y compris les modèles électriques, dans le cadre des réformes proposées.
Inspections étendues dans le secteur du transport routier
Le secteur du transport routier, en particulier les utilitaires légers, verra ses inspections étendues. Les contrôles aléatoires s’appliqueront à un plus grand nombre de véhicules, augmentant ainsi le nombre de vérifications pour ces catégories de véhicules.
Le projet prévoit aussi des mesures plus strictes en matière de pollution. Des tests antipollution plus sévères pourraient être introduits, avec des mesures plus précises des particules fines et des oxydes d’azote (NOx). Cependant, chaque pays pourra ajuster la rigueur de ses contrôles en fonction de ses propres priorités, permettant ainsi à la France de maintenir, pour le moment, des contrôles axés uniquement sur l’opacité des fumées.
Ainsi, les changements à venir dans le contrôle technique viseront à moderniser les vérifications des véhicules, notamment en prenant en compte les nouvelles technologies de sécurité et les problématiques de pollution. Ces réformes ne seront mises en place que d’ici la fin de la décennie, après un vote final du Parlement européen et des négociations avec les États membres.