
La guerre en Iran entraîne des répercussions sur les prix à la consommation en France. Selon l’UFC Que Choisir, une augmentation des tarifs en magasin est attendue dans les prochains mois, en lien avec la hausse des coûts de l’énergie.
Grégory Caret, directeur de l’Observatoire de la consommation de l’association UFC Que Choisir, a indiqué sur RMC : « la hausse sera probablement de « 4 à 5% (…) dans les mois à venir dans les prix en rayon », mais « lissé sur plusieurs mois » ». Cette évolution découle des ajustements engagés par les industriels et les distributeurs.
Les prix dans la grande distribution sont fixés dans le cadre d’accords conclus au 1er mars pour une durée annuelle. Ces contrats prévoient des clauses permettant une révision en cas de variation des coûts de production. Grégory Caret précise : « il y a quand même des clauses de révision obligatoires ». Il ajoute : « si le prix de l’énergie et des engrais flambe, « on doit rouvrir les négociations et ça doit être répercuté dans les prix » ».
Les entreprises du secteur agroalimentaire ont déjà commencé à anticiper ces ajustements. Le groupe Lactalis, entreprise française spécialisée dans les produits laitiers, a annoncé vouloir « répercuter » les conséquences de la situation au Moyen-Orient sur ses prix, tout en cherchant à en limiter l’ampleur selon les catégories de produits.
Des effets progressifs de la hausse des prix selon les types de produits
Les premières hausses devraient concerner les produits à rotation rapide. Grégory Caret indique : « les produits qui ont le taux de rotation les plus rapides, c’est-à-dire ceux qui ont des dates de péremption courtes: les produits laitiers, les produits frais, les yaourts, etc. ». Ces catégories sont directement affectées par les variations des coûts de production et de transport. Dans un second temps, d’autres rayons pourraient être concernés. Grégory Caret mentionne : « tout ce qui est aussi hygiène, beauté, parce qu’il y a beaucoup d’hydrocarbures dans ces produits, des emballages, et même dans la fabrication de ces produits ».
L’ampleur de la hausse attendue reste inférieure à celle observée lors de la crise liée à la guerre en Ukraine. Grégory Caret précise que cette évolution « ne sera pas du même ordre de grandeur » que celle enregistrée entre 2022 et 2023, période durant laquelle les prix avaient augmenté de « 20-25 % de hausse en un peu plus d’un an ».
Les fluctuations des prix des carburants influencent également la consommation. Après une hausse liée aux tensions au Moyen-Orient, une accalmie a été observée à la suite d’un cessez-le-feu et de la réouverture du détroit d’Ormuz. Dans ce contexte, Grégory Caret indique que les consommateurs pourraient ajuster leurs dépenses. Il déclare qu’ils seront amenés à faire « des arbitrages » et devront « renoncer à consommer pour privilégier l’essentiel: le transport, l’énergie de chauffage, l’alimentaire ».