Le salaire minimum interprofessionnel de croissance pourrait augmenter « d’au moins 2% » au 1er juin 2026, à condition que l’inflation observée en avril soit confirmée. C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’Économie Roland Lescure, alors que l’indice des prix à la consommation a progressé de 2,2% sur un an selon une estimation provisoire de l’Insee.
« On s’attendait à moins », a déclaré le ministre, avant de préciser que « si ce chiffre se confirme au 13 mai, on aura au 1er juin une augmentation du Smic d’au moins 2%. On verra les chiffres exacts ». Cette hausse serait automatique, conformément au mécanisme légal qui prévoit une revalorisation du Smic dès lors que l’inflation dépasse 2% depuis la dernière fixation de son montant.
Cette progression des prix interviendrait après une hausse de 1,7% en mars, traduisant une accélération liée principalement à l’énergie. En avril, la flambée des prix énergétiques, estimée à +14% sur un an, a fortement contribué à ce rebond inflationniste dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Concrètement, une augmentation de 2% représenterait environ 30 à 35 euros brut supplémentaires par mois pour les salariés rémunérés au Smic. Le Smic brut mensuel s’élève actuellement à 1 823,03 euros depuis le 1er janvier 2026, après une revalorisation annuelle de 1,18%.


Pas de revalorisation exceptionnelle du Smic
Le ministre a également exclu toute revalorisation exceptionnelle au-delà du mécanisme automatique. « Ça veut dire qu’en six mois, cinq mois en fait, on aura eu une augmentation du Smic de plus de 3%. C’est le modèle social qui fonctionne », a-t-il affirmé. « Cela veut dire que les faibles rémunérations sont protégées contre la hausse de l’inflation », a-t-il ajouté, confirmant qu’il n’y aurait pas de « coup de pouce » supplémentaire.
Depuis le début de l’année, le Smic a déjà été relevé une première fois au 1er janvier avec une hausse de 1,18%, soit environ 21 euros brut mensuels en plus. Si la nouvelle augmentation se confirme, la progression cumulée dépasserait donc les 3% en l’espace de cinq mois.
Cette évolution illustre le fonctionnement du système d’indexation français, qui protège les bas salaires contre les hausses de prix. Dès que l’inflation dépasse un seuil de 2%, une revalorisation est automatiquement déclenchée sans intervention politique.
L’Insee avait pourtant anticipé une inflation plus modérée, autour de 1,8% pour avril dans sa note de conjoncture publiée en mars, soit 0,4 point de moins que le chiffre finalement estimé. Cette surprise à la hausse confirme une dynamique inflationniste plus forte que prévu, qui pourrait se prolonger au printemps, avec une prévision de 2,1% pour mai. Pour les quelque 2 à 2,3 millions de salariés rémunérés au Smic en France, si cette hausse, elle restera limitée face à la cherté de la vie.