
La ministre chargée de l’Autonomie et des personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, a annoncé un projet de changement d’appellation des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
Cette évolution prévoit l’adoption du nom « Maisons France Autonomie » dans le cadre d’une transformation progressive du secteur. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, Camille Galliard-Minier, ancienne députée de l’Isère, précise les intentions associées à cette mesure. Elle déclare : «L’objectif est d’aborder le vieillissement de façon positive, donc de voir ces personnes par le biais de l’autonomie qu’elles conservent jusqu’au bout, plutôt que par la dépendance ». Elle ajoute également : «Le mot ‘maisons’ me semble être le plus important. (…) Les Maisons France Autonomie devront donc être des lieux où les personnes âgées souhaitent habiter et les professionnels y travailler ».
Ce changement de dénomination s’inscrit dans un calendrier prévu à partir de 2027. Une phase de labellisation doit précéder la mise en œuvre. La ministre indique : «L’idée n’est pas de s’inscrire dans une approche administrative complexe, mais d’accompagner la transformation des établissements existants en des maisons ouvertes sur l’extérieur, en lieux de vie, afin que les personnes âgées se sentent chez elles ».
Transformation des Ehpad dans un contexte de tension démographique et sectorielle
Les modalités précises de cette évolution doivent être définies en concertation avec les professionnels du secteur et les personnes concernées. Ces discussions sont annoncées dans le cadre de la prochaine conférence nationale de l’autonomie, prévue en septembre. Le secteur des Ehpad fait face à un manque de personnel signalé par les acteurs de terrain. Cette situation intervient alors que les projections démographiques indiquent une augmentation du nombre de personnes âgées. Selon les données évoquées, un quart de la population française aura plus de 65 ans à l’horizon 2030, contre un tiers en 2050.
Créés en 2002, les Ehpad ont traversé plusieurs épisodes marquants au cours des dernières années. La crise sanitaire liée au Covid-19 en 2020 a fortement affecté ces structures. En janvier 2022, le groupe Orpea, acteur privé du secteur, a été mis en cause pour des pratiques financières et des situations de maltraitance. L’entreprise a depuis été renommée Emeis. À la suite de ces événements, les autorités publiques ont engagé des mesures de contrôle. Le gouvernement a annoncé que les 7.500 établissements présents sur le territoire français feraient l’objet d’inspections dans un délai de deux ans. Ces contrôles visent à renforcer la transparence sur les prestations proposées et l’utilisation des financements publics.